Les schizophrène et la violence : halte aux idées reçues

La schizophrénie fait peur à beaucoup de monde et la médiatisation des “actes de folie“ commis par des personnes schizophrènes crée souvent une certaine psychose à ce sujet. Pourtant, confirmant les dires des psychiatres, une étude anglo-suédoise infirme l’idée reçue que ces patients soient systématiquement plus violents que la population générale. Cependant la toxicomanie est un facteur aggravant.

Cette étude, réalisée par le Dr Fazel, de l’université d’Oxford, et le Dr Långström de l’université suédoise de médecine Karolinska Institutet, a portée sur le taux d’actes de violence réellement commis par plus de 8000 personnes diagnostiquées comme schizophrènes entre 1973 et 2006, taux comparé à celui d’un groupe témoin de 80 000 suédois non schizophrènes.Les résultats montrent que les cas de violence extrême concernent 5 % de la population générale contre 8 % chez les schizophrènes non toxicomanes (risque 1,2 fois plus élevé). Une différence minime qui met en cause les idées reçues, comme le souligne le Dr Långström : “l’idée que les personnes schizophrènes sont généralement plus violentes que les autres est donc fausse“.Pourtant, il est clair que les violences dues à la schizophrénie sont un fait réel. Pour l’expliquer, l’étude incrimine la consommation abusive de substances psychoactives (drogues). En effet chez les patients schizophrènes et toxicomanes, le taux de crimes s’élève à 28 % (risque multiplié par 4,4) ! La maladie n’est donc pas en elle-même réellement plus “violençogène“, mais la toxicomanie associée, si.A travers cette étude, les auteurs espèrent relativiser les craintes que provoquent cette maladie mentale (meilleure acceptation), expliquer les circonstances de la violence afin d’améliorer sa prévention : si la toxicomanie associée est mieux détectée et soignée, les actes extrêmes devraient diminuer.Loin du cas du Docteur Jeckyll et Mister Hyde, la schizophrénie peut se traduire d’autres façons que le dédoublement de personnalité : pensées désorganisées et incohérente, délires, hallucinations, troubles du comportement ou encore des émotions négatives. Elle touche un peu plus d’1 % de la population en France et doit avant tout faire l’objet d’accompagnement médical, plutôt que de stigmatisation des patients à l’occasion de la médiatisation d’un fait divers. Source :“Schizophrenia, substance abuse, and violent crime“, Fazel S et al., Journal of the American Medical Association (JAMA), 20 mai 2009Click Here: Golf special

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *