Grippe A : la gestion des stocks de médicaments épinglée

Un rapport du sénateur Jean-Jacques Jégou épingle l’organisme chargé de gérer les stocks de médicaments pour parer à une possible pandémie. Selon le sénateur centriste, l’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires doit “faire beaucoup de progrès pour démontrer son efficacité“.

L’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) est un établissement public créé par la loi du 5 mars 2007. Il est chargé de “mettre en place un corps de réserve sanitaire et de gérer les stocks et la logistique d’approvisionnement des produits pharmaceutiques nécessaires en vue de répondre aux situations de catastrophe, d’urgence ou de menace sanitaires graves sur le territoire national ou à l’étranger“. Concrètement, il gère un stock évalué à 845 millions d’euros, incluant 33 millions d’antiviraux, 1 milliard de masques chirurgicaux et 537 millions de masques de protection FFP2.Alors que le virus de la grippe A/H1N1 se propage toujours plus rapidement en France, la série de dysfonctionnements pointés par Jean-Jacques Jégou fait mauvais effet… Les critiques notent principalement : – Une dispersion et une hétérogénéité des 72 sites de stockage. Le sénateur parle même de stocks constitués par les différents ministères et les collectivités territoriales, qui échappent au contrôle de l’Eprus ; – Une incertitude liée au dépassement de la date de péremption des produits. Le sénateur estime que plus de la moitié des 537 millions de masques de protection destinés aux professionnels de santé présente aujourd’hui une date de validité dépassée. Ce serait également le cas de 1 à 1,5 millions de doses de Tamiflu (sur 9 millions). Si des tests ont montré que ces dispositifs pouvaient rester efficaces malgré ce dépassement de date, aucune décision politique n’a été prise sur leur utilisation éventuelle ;
– Des délais de livraison tardifs par rapport à un pic épidémique prévu pour l’automne. Les masques de protection “ne seront livrés qu’à hauteur de 25 millions par mois entre juin 2009 et septembre 2010“ et les livraisons de vaccins “échelonnées entre octobre 2009 et janvier 2010, voire mars ou avril selon les capacités de production des laboratoires“ ;
– Un stockage de produits dans des lieux parfois peu adéquats. Le sénateur dit avoir vu des stocks de Tamiflu “en pleine chaleur sous des toits de fibrociment“ ; – Un manque de clarification entre les rôles attribués à l’établissement public, les agences sanitaires et les différents ministères… Un partage des responsabilités que le sénateur estime “pas encore stabilisé“ et qui pourrait “poser des difficultés de coordination en cas d’urgence sanitaire“…
Source : Rapport “La gestion par l’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS) du stock de produits de santé constitué en cas d’attaque terroriste ou de pandémie“ – Jean-Jacques Jégou – Conférence de presse du 22 juillet 2009
Photo : © WITT/SIPA
Le ministre de l’Interieur Brice Hortefeux visite a Nanterre une plateforme de stockage de masques contre la grippe A (H1N1).Click Here: cheap nrl jerseys

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