Pollution de l’air : des traces de carbone présentes dans le placenta

Selon une étude publiée mardi dans la revue Nature Communications, des particules de carbone suie, polluant de l’air émis notamment par les pots d’échappement, ont été retrouvées dans des placentas de femmes après leur accouchement, sans qu’on puisse toutefois dire si cela a un effet sur le foetus.

Sommaire

  1. Risque d’accouchements prématurés
  2. Risques inconnus pour le fœtus  
  3. Effets néfastes de la pollution 

Des particules de carbone suie, polluant de l’air émis par les pots d’échappement ou la combustion de bois et de charbon, ont été retrouvées dans des placentas de femmes après leur accouchement, sans qu’on puisse toutefois dire si cela a un effet sur le fœtus, selon une étude parue mardi. “Ces résultats suggèrent que les particules présentes dans l’air ambiant peuvent traverser la barrière du placenta et aller jusqu’au fœtus”, écrivent les auteurs de cette étude belge.Risque d’accouchements prématurés“Potentiellement, cela pourrait expliquer les effets nocifs de la pollution dès les tout premiers stades de la vie”, poursuivent-ils. De précédents travaux ont montré que l’exposition à la pollution de l’air pendant la grossesse était associée à un plus grand risque de naissance prématurée ou de naissance avec un poids anormalement bas. Mais les mécanismes en sont mal connus. Selon l’étude publiée mardi, “les particules de carbone suie pourraient se déplacer des poumons de la mère jusqu’au placenta”, via la circulation sanguine.Ces travaux portaient sur les placentas de 28 femmes non-fumeuses. La présence des particules de carbone suie a été mise en évidence grâce à une technique perfectionnée d’imagerie laser. Les traces de particules de carbone ont été trouvé, sur ce qu’on appelle le côté foetal du placenta, la partie de l’organe la plus proche du bébé en développement.Risques inconnus pour le fœtus  L’étude montre en outre que les taux de particules étaient supérieurs dans le placenta des femmes exposées à de hauts niveaux de pollution (c’est-à-dire vivant à moins de 500 m d’un axe routier important). “Les auteurs de l’étude s’attachent à souligner la présence du carbone suie dans le placenta, mais ils ne montrent pas qu’il est présent dans le fœtus lui-même”, a nuancé une scientifique qui n’a pas participé à l’étude, la Pr Christine Jasoni, de l’université d’Otago (Nouvelle-Zélande).“Dans la mesure où l’une des fonctions du placenta est d’agir comme une barrière pour empêcher que des toxines passent de la mère au fœtus, on pourrait penser que le placenta joue ici son rôle normal en accumulant les particules de carbone suie pour empêcher qu’elles atteignent le fœtus et lui nuisent”, a-t-elle poursuivi. “Mais ces particules pourraient aussi endommager le placenta, ce qui pourrait expliquer l’association entre la pollution de l’air et un poids de naissance insuffisant mise en évidence par d’autres études”, a-t-elle conclu.Effets néfastes de la pollution Ce n’est pas la première étude qui démontre les méfaits de la pollution pendant la grossesse. En mai 2018, une étude de l’Institut français de la santé et de la recherche médicale (Inserm) montrait qu’environ un bébé sur 100 en France naît avec un poids anormalement bas en raison de l’exposition de la mère pendant aux particules atmosphériques pendant la grossesse.En février, une étude franco-espagnole concluait que les enfants exposés à un cocktail de polluants chimiques pendant la grossesse de leur mère et les premiers mois de leur vie avaient plus de risque d’avoir une fonction respiratoire réduite.

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