“As I Lay Dying” : quand James Franco adapte William Faulkner [INTERVIEW]

Artiste complet, James Franco est également un réalisateur prolifique (une quinzaine de courts, moyens et longs métrages depuis 2005). Il nous présente “As I Lay Dying”, adaptation du roman “tandis que j’agonise” de William Faulkner, dévoilé à Cannes en mai dernier dans la sélection Un Certain Regard.

AlloCiné – Pour tous ceux qui ne connaissent pas le roman de William Faulkner, comment résumeriez-vous l’histoire ?

James Franco : Le film a plusieurs niveaux de lecture. Mais en surface, c’est l’histoire, très simple, d’une famille qui ramène le corps de la mère pour l’inhumer et qui va rencontrer plusieurs obstacles sur son chemin. A un autre niveau, c’est l’histoire d’une famille et surtout de chaque membre de cette famille à travers leurs tragédies et drames personnels.

© Metropolitan FilmExport


Pourquoi adapter ce roman en particulier ?

Je suis fan de Faulkner depuis que je suis adolescent. Quand j’ai commencé à faire des films, j’ai réalisé que ce roman me permettrait de raconter une histoire de manière complexe sans pour autant perdre le public. Je savais que je pouvais me reposer sur ce voyage très simple et très clair en surface pour pouvoir aborder des idées plus complexes en sous-texte.

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Selon la légende, Faulkner a écrit ce roman en six semaines… Combien de temps vous a t-il fallu pour l’adapter et écrire le film ?

L’écriture ? Moins de six semaines, je crois. Trois jours. Peut-être un peu plus longtemps.

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Dans “As I Lay Dying”, vous êtes réalisateur, scénariste… et acteur. Parlez-nous de votre personnage.

Dans le film, j’interprète l’un des fils, Darl. Chaque enfant est différent, et Darl est un peu le “voyant” de la famille : il a des visions, du moins il comprend intuitivement beaucoup de choses sur les autres membres de la famille. A cause de ça, certains de ses frères et soeurs le repoussent, comme si ils craignaient qu’il ne mette à jour leurs secrets les plus intimes.

Comment avez-vous abordé les dialogues et surtout les monologues très poétiques de Faulkner ?

Dans le roman, chaque personnage a deux facettes. Une facette en surface, à travers laquelle il s’exprime dans le langage parlé du début du XXe siècle. Et une autre facette, intérieure, qui s’exprime à travers des monologues très poétiques et philosophiques. Dans le film, je voulais préserver ces deux facettes. Les monologues de Darl sont les plus poétiques, dans un sens. Et plus complexes que ce qu’il serait capable d’exprimer verbalement. Faulkner a donné une voix aux sentiments des personnages : on comprend ainsi ce qu’ils ressentent alors qu’ils sont incapables de l’exprimer concrètement. La littérature permet de faire ça, et ça m’intéressait de le retranscrire à l’écran et de capturer en images l’étrangeté du roman.

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L’utilisation du split-screen va dans ce sens pour vous ?

Dans le roman, chaque chapitre est raconté à travers le point de vue d’un personnage particulier. Reproduire ça à l’écran aurait rendu la structure évidente, voyante, maladroite, ennuyeuse aussi peut-être. Ca fonctionne dans le roman mais il fallait aborder ça différemment pour le film. Le split-screen me permettait de donner des perspectives multiples tout en gardant une structure mouvante. Ca me permet de laisser entendre qu’il y a plus à comprendre que ce qu’on voit. De transformer cette histoire en mythe par son étrangeté, dans un sens. Pour résumer : il se passe des choses au-delà des événements en eux-mêmes.

Propos recueillis à Cannes le 20 mai 2013 par Oliver Feldman

As I Lay Dying

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