Cannes 2017 : Bushwick, un Birdman dopé à l’adrénaline, secoue la Quinzaine des réalisateurs

Projeté dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, Bushwick, réalisé par le duo Cary Murnion et Jonathan Milott, a donné un coup de fouet au Festival. Récit d’une séance épique.

Bushwick – Réalisé par Cary Murnion et Jonathan Milott – Prochainement sur Netflix
Avec Brittany Snow, Dave Bautista

DE QUOI ÇA PARLE ?

En sortant du métro pour aller chez sa grand-mère avec son petit-ami, Lucy se retrouve dans les rues de Buschwick un quartier de Brooklyn, plongé dans un véritable bain de sang. Dans un contexte de séparatisme vis-à-vis de l’Union, les milices texanes envahissent New York pour en faire leur base d’opérations sur la Côte Est et s’en servir d’outil de négociations. Face à ce chaos, Lucy se réfugie dans le sous-sol de Stupe, un robuste vétéran. Ce dernier l’aide à traverser, à contrecœur, les quelques blocs de Bushwick la séparant de la maison de sa grand-mère – en supposant que celle-ci existe toujours.

Si je vous dis Dave Bautista, grosses bastons, fusillades et explosions, vous allez me dire Les Gardiens de la Galaxie ? Pas du tout, nous parlons bien de Bushwick, un film d’action surprenant produit par Netflix, qui a retourné les spectateurs de la Quinzaine des réalisateurs.

En effet, démarrant comme une banale comédie romantique avec une promenade entre deux amoureux dans les couloirs du métro new yorkais, le film commence vite par prendre des allures de film d’action survitaminé quand les explosions se mettent à retentir et que les balles sifflent de partout. 

Pris sous le feu nourri de la bataille, suivant le personnage principal, Lucy, incarnée par Brittany Snow, tentant de se frayer un chemin en pleine guerre civile, on commence à se rendre compte que si l’on est accroché à notre siège, c’est parce qu’il n’y a eu aucune coupe depuis le début du film. Les cinéastes, Cary Murnion et Jonathan Milott, ont décidé que Bushwick, leur second long-métrage après Cooties, serait filmé en un seul plan-séquence, à la manière de Birdman d’Alejandro González Iñárritu.

Bien évidemment, on devine parfois les coupes quand la caméra s’infiltre avec un personnage dans un couloir plongé dans les ténèbres, mais l’effet reste saisissant, notamment grâce au rythme soutenu imposé par le duo de cinéastes, nous gratifiant de moments plus légers, pour mieux nous prendre par surprise en repartant pour une séquence d’action dantesque. Plus qu’un simple exercice de style, Bushwick possède aussi en filigrane une charge acerbe contre la politique des USA.

À noter que Dave Bautista a été très impliqué dans le processus de fabrication du film, étant producteur délégué en plus de camper le second personnage principal, un ex Marine affublé d’un surprenant patronyme, Stupe. Le comédien, montagne de muscles, ne fait d’ailleurs pas que cogner et broyer des os, il se révèle également d’une étonnante sensibilité, en témoigne une scène absolument poignante qui rappelera la fameuse séquence face caméra de Jean-Claude Vandamme dans JCVD.

Restez donc à l’affût de ce Bushwick, qui devrait débarquer très vite sur Netflix !

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