6 000 dessins, Rihanna, Réplicant, suites, clins d’oeil : 20 choses à savoir sur Valérian

A l’occasion de la sortie Blu-ray DVD de “Valérian et la Cité des mille planètes”, pleins feux sur vingt anecdotes essentielles et/ou décalées autour du film-événement de Luc Besson.

Du Cinquième Elément à Valérian

Luc Besson collabore avec Jean-Claude Mézières, dessinateur de Valérian, dès le début des années 90 : l’artiste vient alors participer à l’élaboration de l’univers visuel du Cinquième Elément, en prêtant notamment ses taxis volants au New York futuriste où évolue Korben Dallas / Bruce Willis. “Jean-Claude Mézières m’a dit : ‘Mais pourquoi tu fais ça ? Tu devrais faire Valérian ! Lorsque j’ai relu les BD, j’ai compris qu’il était impossible d’adapter l’histoire au cinéma. La technologie de l’époque ne permettait pas de reconstituer tous ces univers et toutes ces créatures”. Il faudra attendre encore dix ans, et le tournage d’Avatar sur lequel James Cameron convie Luc Besson, pour lancer le projet : “Grâce à Avatar, on a eu l’impression que tout était désormais possible. Je me souviens m’être dit : ‘Un jour je me remettrai à la science-fiction armé de ces nouveaux outils technologiques grâce auxquels l’imagination peut s’exprimer à loisir’. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de m’atteler à Valérian”. Pour l’anecdote, Luc Besson avait visité le plateau d’Avatar sans percevoir totalement la vision de James Cameron : il en prendra conscience en salles, au moment de la sortie du film, à peine une semaine après avoir bouclé une première version du scénario de Valérian. Une version qui finira à la poubelle, Luc Besson décidant de reprendre son travail pour lui donner plus d’envergure.

Laureline, maman de Leeloo

Le personnage de Laureline, “premier amour” de Luc Besson qui n’a que dix ans quand il découvre la bande dessinée, arrive paradoxalement tard dans la filmographie du cinéaste, alors qu’elle a grandement inspiré son cinéma et ses héroïnes, des femmes fortes et indépendantes. “C’est un agent spatio-temporel, qui voyage dans l’espace, qui porte une combinaison et qui met des baffes à des aliens. C’est la mère de Leeloo, de Nikita, de Lucy… De beaucoup de mes héroïnes.”, confesse ainsi le cinéaste.

Tome 6 + Tome 2

Valérian et la Cité des mille planètes est adapté de la série de bandes dessinées de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, publiée pour la première fois en 1967 dans le magazine Pilote. Parmi les 23 tomes existants, le cinéaste a choisi l’album 6, L’Ambassadeur des Ombres, tout en y injectant ses propres envies de scénariste : “Au départ, il y a une histoire à raconter. La base de cette histoire s’inspire de cet album, mais ce n’est qu’un début de trame. A partir de là il faut oublier la BD et raconter son histoire sur deux heures. On revient ensuite vers les BD pour définir si certains éléments peuvent aider à raconter cette histoire. C’est un aller-retour permanent, où on s’inspire de la BD pour la quitter. Pour y revenir et pour la quitter à nouveau. Une BD se lit en vingt minutes. Un film dure deux heures. Il faut donc impérativement sortir des cases. Christin et Mézières sont les premiers à m’avoir libéré complètement, et à m’inciter à sortir des cases et des bulles et à les surprendre.” Notons également que l’album 2, L’Empire des mille planètes, a inspiré le titre du long métrage.

Recherche & Développement

Une équipe réduite de créatifs a travaillé en étroite collaboration avec Luc Besson pour élaborer l’univers, les personnages, les créatures, les costumes, les véhicules et les ambiances de Valérian. Les artistes ont scrupuleusement été choisis par le cinéaste après un appel à candidatures lancé au près d’un millier d’écoles de design. La production recevra plus de trois mille réponses, et choisira douze talents, finalement réduits à cinq artistes : Patrice Garcia, Ben Mauro, Marc Simonetti, Feng Zhu et Alain Brion. Une équipe à laquelle se joindra le concept-designer Sylvain Despretz par la suite. En lien direct avec Luc Besson, avec une grande liberté artistique, ils auront nourri les différents départements et chefs de postes avec plus de 6000 dessins. Au final, Valérian a été inspiré à 25% par les bandes dessinées et l’océan (un univers qui, on le sait, tient à cœur à Luc Besson)… et à 75% par ce travail de recherche et développement.

Les Pearls

Les Pearls, créatures pacifiques, mystérieuses et androgynes au centre du long métrage, ont été animées par les artistes digitaux de WETA, en se basant sur les séances tournées en performance-capture par Luc Besson. Les personnages sont campés par des mannequins filiformes, qui ont suivi six mois de cours de comédie intensifs pour les besoins du long métrage, à l’image d’Aymeline Valade, Pauline Hoarau et Sasha Luss, qui incarnent respectivement l’Empereur Haban-Limaï, l’Impératrice Aloï et la Princesse Lihö-Minaa. Le design des Pearls a évolué entre la bande dessinée (où ils apparaissent brun-orange avec des marques tribales blanches) et le long métrage, où Luc Besson a souhaité leur donner une peau pâle et nacrée, proche d’une perle, et une capacité à changer de couleurs en fonction de leurs émotions, à l’image des pieuvres. La forme particulière de leurs oreilles a été suggérée par le cinéaste en coupant une feuille de papier en pointes. Enfin, pour leur village, il a été imaginé en remplaçant les maisons d’un village côtier grec… par des coquillages géants.

Concours de costumes

En octobre 2015, quatre mois en amont du tournage, Luc Besson a lancé un grand concours en ligne, en offrant la possibilité aux internautes de soumettre des designs de costumes pour certains personnages du film, dans le cadre de deux scènes de foule. 3 350 propositions ont été reçues dans le cadre de ce concours, et les vingt meilleures ont été retenues pour être fabriquées par l’équipe du chef-costumier Olivier Bériot.

Entraînement physique… et culturel

Pour préparer leur rôle d’agents spatio-temporels régulièrement confrontés à des civilisations extraterrestres, Dane DeHaan et Cara Delevingne ont dû apprendre par cœur les fiches descriptives des espèces apparaissant dans le long métrage (près de 200 !), rédigées par un trio d’élèves auteurs d’Ecole de la Cité (Fanny Talmone, Jules Lugan et Adrien Fargue). Les deux comédiens ont également dû se soumettre à un entraînement sportif intense de sept mois en amont du tournage, afin de pouvoir camper Valérian et Laureline. Le comédien explique : “Il y avait des cascades à réaliser presque tous les jours, et il était important que je nourrisse ma prestation de l’énergie ultra-positive de Valérian. J’ai dû faire beaucoup de sport parce qu’avant d’obtenir le rôle, j’étais loin de ressembler à un type capable de sauver l’univers !”

Rihanna est Bubble

Au cours de son aventure, Valérian croise la route de Bubble, une glampod artiste-comédienne métamorphe, qui permet à la diva RnB Rihanna de multiplier les tenues et de dévoiler ses talents d’actrice, après sa prestation remarquée dans la saison finale de Bates Motel. “Tout le monde m’a dit, ‘laisse tomber, tu n’y arriveras jamais’”, raconte Luc Besson. “Je leur ai répondu que ça ne coûtait rien d’essayer. Évidemment, Rihanna n’a pas peur des caméras, et elle se produit devant des milliers de spectateurs. Mais elle m’a dit : ‘Je suis une actrice débutante et si je veux apprendre, il faut que je travaille avec quelqu’un de bon’. Sa franchise m’a beaucoup touché, parce que si elle m’avait dit : ‘Je suis une superstar, ne me filme pas sous cet angle’, qu’est-ce que j’aurais pu y faire ? Elle a bien écouté mes conseils, s’est beaucoup appliquée, et ça a été un plaisir de travailler avec elle”. Rihanna a pour sa part grandement apprécié son passage durant une semaine devant la caméra du cinéaste français : “Il vérifiait mon maquillage, me donnait son avis sur chaque tenue, et me demandait comment je me sentais. Si quelque chose ne me plaisait pas, il était ouvert à la discussion parce qu’il voulait que je m’attache au personnage de Bubble, que je me mette dans sa peau. Je débute dans le monde du cinéma, et du coup, Luc s’est montré très patient et je l’en remercie. Il sait exactement comment s’y prendre pour obtenir la prestation qu’il attend de vous”. Pour l’anecdote, les créateurs de Valérian Christin & Mézières ont visité les plateaux de tournage durant la mise en boîte de ces scènes.

Des invités de marque

Parmi les visages (très) connus invités par Luc Besson à participer à cette aventure, les spectateurs pourront reconnaître le musicien Herbie Hancock en ministre de la défense ou Alain Chabat en pirate chasseur de méduses, ainsi que les cinéastes Xavier Giannoli, Benoît Jacquot, Gérard Krawczyk, Louis Leterrier, Olivier Megaton, Eric Rochant et Mathieu Kassovitz, venus faire une apparition clin d’œil. La propore fille du réalisateur, Thalia Besson, campe également un petit rôle d’officier.

Dans les pas de Dennis Hopper

Parmi les stars croisées par Valérian au cours de son enquête dans les méandres de la Cité des mille planètes, Ethan Hawke se glisse dans le costume haut en couleurs de Jolly, proxénète et patron de Bubble / Rihanna. “Luc m’a dit que si Dennis Hopper était toujours en vie, c’est à lui qu’il aurait confié le rôle. Du coup, c’est de là que je suis parti. Je me suis mis dans la peau de Dennis Hopper et je me suis beaucoup amusé. Le tournage s’est déroulé exactement comme je l’imaginais : hyper créatif, très détendu, mais aussi soigneusement organisé”.

Un Réplicant au casting

Comme il l’avait fait avec Brion James sur Le Cinquième Elément, Luc Besson a convié un ancien Réplicant de Blade Runner dans Valérian. Rutger Hauer a ainsi tourné une courte scène pour le film le 8 juin 2016… qui est pour l’anecdote sa date de mise en service dans le film-culte de 1982.

Desplat à la baguette, Laureline au micro

Au-delà de la bande originale composée par Alexandre Desplat, la tracklist de Valérian comprend quelques titres connus, à l’image du Space Oddity de David Bowie, Jamming de Bob Marley & The Wailers, ou un remix de Staying Alive par Wyclef Jean. Deux autres chansons notables sont également intégrées à cette BOF : A Million On My Soul d’Alexiane, qui habille le générique final, ainsi que I Feel Everything chanté par… Cara Delevingne, alias Laureline.

VFX

Sous la supervision de Scott Stokdyk, cinq sociétés à la pointe des effets visuels ont collaboré pour donner vie au monde de Valérian : WETA Digital (le monde des Pearls et les scènes sur Alpha), ILM (la séquence de Big Market), Rodeo FX (les plans de vaisseaux), Mikros Image et Mac Guff. Valérian marque seulement la cinquième collaboration des géants ILM et WETA, après Contact, Van Helsing, Eragon et Avatar.

Big Market

Afin d’élaborer la séquence d’ouverture, qui voit Valérian et Laureline mener une mission entre deux dimensions dans un gigantesque supermarché d’un million de boutiques étalées sur cinq cents niveaux, Luc Besson a fait appel aux élèves de la Cité du Cinéma. Ne parvenant pas à expliquer sa vision (ambitieuse et novatrice) de la séquence aux techniciens et responsables des effets visuels, il a ainsi mis à contribution les cent vingt étudiants durant trois semaines pour tourner les six cents plans de cette scène et monter une maquette qui a servi de référence aux différents départements par la suite. D’une durée de 18 minutes, la scène finale respecte parfaitement cette ébauche, à une vingtaine de secondes près.

Mézières reprend du service

Afin de faciliter le travail numérique sur ses interactions avec Melo, le Transmuteur Mül, Cara Delevingne a tourné une version de chaque scène avec un lapin dans les bras. Le design de la créature fut très difficile à adapter pour le film, ce qui amena Luc Besson a demandé à Jean-Claude Mézières de retravailler lui-même l’animal et d’en offrir une version modernisée, qui fut ensuite retouchée par Patrice Garcia.

@lucbesson

Luc Besson a fait ses débuts sociaux sur Twitter (twitter.com/lucbesson) et Instagram (instagram.com/lucbesson/) à l’occasion de la production de Valérian, en partageant avec les internautes différents clichés, vidéos et messages tout au long des différentes étapes du projet. Son premier tweet, le 12 mai 2015, annonçait ainsi le lancement de la production du film.

Xavier Dolan et Soko dans l’espace

Les oreilles attentives pourront entendre Xavier Dolan prêter sa voix à Valérian / Dan DeHaan sur les versions française et québécoise du long métrage. Soko double quant à elle Cara Delevingne, alias Laureline.

Easter-eggs

Avis aux lecteurs des aventures BD de Valérian et Laureline, et aux fans de la filmographie de Luc Besson ! Valérian comporte son lot de petits détails cachés, comme le confirme le chef-décorateur Hugues Tissandier : “Nous faisons des petits détails cachés, on s’y amuse. Ce que je peux vous dire, c’est que d’un film de Luc à l’autre, il y a toujours des accessoires du film précédent. Nous le faisons depuis Jeanne d’Arc, vous pouvez vérifier. Et parfois, on peut même retrouver du Jeanne d’Arc dans des films plus tardifs…” Le Cinquième Elément est également et logiquement référencé, à travers des personnages écartés du film-culte de 1997 et réintroduit vingt ans plus tard pour peupler la cité des mille planètes ou le marché qui ouvre Valérian, mais aussi à travers le taxi volant de Korben Dallas : le véhicule a ainsi été glissé au détour d’un plan par les artistes digitaux de WETA, avec six autres clins d’œil. Notons également que le design des casques portés par les touristes visitant Big Market est un clin d’œil appuyé et assumé au taxi volant. Autre clin d’œil, un bar baptisé le “Korben’s” peut être aperçu dans le marché. Enfin, les spectateurs attentifs pourront apercevoir, toujours lors de la séquence de Big Market, entassés le long d’un mur, une douzaine de monolithes, hommage appuyé à 2001 : l’odyssée de l’espace.

Visite-surprise

Révélée par Luc Besson dans Léon, Natalie Portman, en tournage à la Cité du Cinéma pour Jackie, a rendu visite au réalisateur et à son équipe.

Vers Valérian 2 et au-delà…

Visiblement enchanté par l’expérience sur ce premier opus, Luc Besson sur les prochains épisodes de sa nouvelle franchise. “J’aimerais énormément faire le 2 et le 3. J’ai déjà fini d’écrire le 2 et j’ai commencé le 3. Je ne le fais pas par superstition mais ce n’est pas grave si ça ne fonctionne pas, car je suis très content de les avoir écrits quand même.” Rappelons qu’avec Arthur et les Minimoys, Luc Besson avait déjà amorcé une franchise qui était finalement devenue une trilogie (et une attraction au Futuroscope !).

Pour aller plus loin dans l’univers de Valérian

Plusieurs ouvrages sortis récemment permettent de se plonger avec intérêt dans l’univers de Valérian et Laureline :

– un numéro spécial du magazine Pilote, sous forme d’album cartonné (10,95 €), qui consacre ses 136 pages à décortiquer la saga sous toutes les coutures par l’intermédiaire de plusieurs thématiques et auteurs. Un document aussi précis qu’incontournable.

– Valérian : Le Guide des mille planètes (14,95 €) se révèle un abécédaire très agréable à lire grâce à sa mise en page aérée et ses nombreuses illustrations. Signé Christophe Quillien, en collaboration avec Christin et Mézières, ce guide petit format de 368 pages s’avère également très précieux puisqu’il fourmille d’informations à picorer sur la saga et ses coulisses.

– l’adaptation au cinéma de la BD par Luc Besson hérite également d’un beau livre, Tout l’art de Valérian (34,95 €) : à travers dessins, photos et croquis de préparation, ce dernier lève le voile sur le tournage du film Valérian et la Cité des mille planètes.

– en matière de réédition, il faut compter sur le roman Paradizac la ville cachée de Pierre Christin, publié originellement en 2009 sous le titre Lininil a disparu et qui met en avant certains personnages secondaires de la saga.

– la série animée Valérian et Laureline, dont les quarante épisodes ont été diffusés entre 2007 et 2008 sur Canal +, ressort en version remasterisée mais aussi collector car accompagnée d’un album inédit et du documentaire L’Histoire de la page 52.

– enfin l’éditeur Dargaud met à nouveau en avant la réédition de tous les albums de la saga dans la collection Valérian L’intégrale qui totalise sept volumes.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *