Sur le tournage de Millenium : rencontre avec Claire Foy, la nouvelle Lisbeth Salander

Le 20 mars dernier AlloCiné s’est rendu sur le tournage de Millenium : Ce qui ne me tue pas. Voici la troisième partie de notre set visit. Le long métrage sort dans nos salles le 14 novembre.

Après la suédoise Noomi Rapace et l’américaine Rooney Mara, l’actrice britannique Claire Foy – actuellement à l’affiche de First Man – prête ses traits à Lisbeth Salander. Un personnage torturé devenu une véritable icône de la pop culture. Depuis la publication en 2005 du premier roman de la saga de Stieg Larsson, Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, cette hackeuse associale et vengeresse, a tour à tour intrigué, bouleversé ou encore effrayé. Elle est aujourd’hui l’héroïne du film de Fede Alvarez, Millenium : Ce qui ne me tue pas, adapté du roman de David Lagercrantz, qui a repris la saga après le décès de Stieg Larsson.

Rencontre avec Claire Foy, la Lisbeth 2018.

AlloCiné: Comment trouvez vous le look de votre Lisbeth ?

Claire Foy: Dans les romans Lisbeth a un look emo. Ce qui pouvait choquer à l’époque ne dérange aujourd’hui plus personne, il a donc fallu adapter son look à notre époque. Nous ne nous sommes pas posés la question de savoir si son style était cool ou à la mode… On a respecté ce qui était dans le roman tout en l’adaptant, j’ai donc – tout comme mes prédécesseurs – des piercings, des tatouages, les cheveux courts et noirs, mais mon style est moins gothique. Lisbeth a surtout des tenues pratiques pour quelqu’un qui fait de la moto. Concernant le tatouage du dragon, on a beaucoup travaillé sur son aspect, mais les techniques ont évoluées, il s’agit d’un transfert, c’est donc très rapide à poser.

« J’aime jouer les femmes énervées »

Vous avez incarné la Reine Elisabeth II dans The Crown, maintenant vous êtes une hackeuse, sacrée évolution…

La Reine Elizabeth II et Lisbeth sont l’opposée l’une de l’autre, ne serait-ce que par leurs origines… Mais j’aime jouer les femmes énervées, et c’est un des points communs de ces deux héroïnes (rires). C’est mon métier de changer catégoriquement de rôle, et j’aime ça.

Lisbeth est un personnage très complexe, elle existe déjà dans les romans donc il faut être fidèle à sa description, et inclure ce qu’elle est sur le papier dans mon interprétation tout en gardant le contrôle de mon personnage.

Vous sentez-vous proche de Lisbeth ?

Je crois que de nombreuses femmes peuvent se retrouver dans ce personnage. J’ai lu les livres et lu des témoignages de victimes d’abus et je me suis rendue compte qu’un prédateur choisi toujours sa proie, et la proie est souvent vulnérable, seule et facile à embobiner. C’est comme cela que Lisbeth peut être vue de l’extérieur : petite, frêle et fragile, mais en réalité elle est plus forte que n’importe qui, elle se bat pour ce qui lui semble juste. C’est une génie.

Ce que j’admire dans ce personnage c’est que, quoiqu’il arrive, elle ne juge jamais les autres. On vit dans une société où on vous fait rapidement comprendre que vous n’êtes pas à votre place si vous êtes différent, on vous juge si vous n’êtes pas marié, si vous n’avez pas d’enfant, pas d’Iphone… Les gens vous cataloguent rapidement, Lisbeth est différente. Dans ce film c’est elle l’héroïne, elle est bissexuelle, elle est contre l’autorité, elle se fie à son instinct et ne croit pas ce qu’on lui dit à cause de ce qu’elle a vécu précédemment. Et je pense que notre monde se porterait mieux si il existait plus de gens comme elle, qui vivent en dehors de la norme.

« Le public veut être surpris »

Ce qui est intéressant par rapport aux précédents films, c’est que Lisbeth est le personnage principal, ce n’est plus Mickaël. C’est représentatif de l’évolution de notre société vous ne trouvez pas ? 

Mickaël est journaliste, il a l’habitude de mener l’enquête, à l’époque il était le personnage central parfait. Mais il s’est passé plusieurs choses dans les précédents opus et je pense que les gens ont réalisé que la personne la plus intéressante de l’histoire n’était pas celle à laquelle on pensait au début… Mickaël est plus facile d’accès, c’est un personnage facile à apprécier et à comprendre.

Aujourd’hui le public change, il ne veut plus qu’on lui serve ce qu’il connaît déjà, il veut être surpris, et Lisbeth est le personnage idéal pour ça car on ne s’attend jamais aux choix qu’elle va faire. La production a donc fait une sorte de réajustement en se disant “Hum.. ce serait bien plus intéressant de raconter l’histoire avec ce personnage principal”. Les studios croient désormais que le public peut aimer un personnage central compliqué. Lisbeth n’est pas quelqu’un de charmant, de poli, de gentil, elle est l’inverse de ce que le public attendait jusqu’ici d’un personnage féminin : qu’elle soit belle, sexy et douce. Elle est dure et elle prend des décisions qui sont parfois terribles, et n’oublions pas que c’est une victime d’abus sexuel, c’est une survivante.

Justement, beaucoup voit aujourd’hui Lisbeth comme un symbole du mouvement #MeToo, qu’en pensez-vous ?

Je n’aime pas vraiment relier le mouvement #MeToo à ce film. Il s’agit d’un mouvement incroyablement important dans l’Histoire et dans le combat des femmes, et ça concerne tous les domaines. 
Ce film aurait eu lieu même si ce mouvement n’avait jamais existé. Les productrices Amy Pascal et Elizabeth Cantillon souhaitaient creuser le personnage de Lisbeth depuis de nombreuses années, c’est grâce à elles si c’est le personnage principal du film. Nous avons commencé à travailer sur ce film avant que #MeToo n’existe. 

Depuis le premier roman de Stieg Larson, les gens sont fascinés par le personnage de Lisbeth. Elle a été victime d’abus et décide de se venger, mais elle n’est pas le symbole du mouvement. La différence c’est qu’aujourd’hui, les gens parlent ouvertement du harcélement alors qu’avant ils préféraient l’ignorer. C’est la société qui a changé.

Quel a été votre plus gros challenge sur ce film? Arriver à faire accepter au public une nouvelle Lisbeth ?

Noomi et Rooney ont fait un travail extraordinaire, et en tant qu’acteur on se doit de reprendre des personnages qui ont déjà été incarnés. Je suis anglaise, chez moi on a l’habitude d’interpréter des personnages qui ont été joués précédemment (merci Shakespeare).

Mon véritable challenge a été la transformation physique, le look et surtout les entraînements. Mais j’ai beaucoup apprécié cela : sauter, me rouler partout, être surhumaine, c’est très cool. J’aime tenir des rôles différents, et jusqu’ici je n’avais pas fait de films d’action, désormais j’ai des muscles! (rires)

La bande-annonce

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Millenium : Ce qui ne me tue pas Bande-annonce VO

 

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