Beaune 2019 – Jours 1 & 2 : jeunesse napolitaine en perdition, corruption aux philippines et violence sociale en Russie

Hier, la compétition du 11ème festival du film policier de Beaune démarrait avec “Piranhas”, un film sur la jeunesse napolitaine en perdition. Aujourd’hui, au programme, trafic de drogue aux Philippines et prise d’otage en Russie.

Hier soir, le 11ème festival du film policier de Beaune s’est ouvert avec la projection du film italien Piranhas de Claudio Giovannesi et le premier film en compétition. Pour démarrer la cérémonie, deux membres du Grand Jury présidé par Benoît Jacquot, les cinéastes Tonie Marshall et Nicolas Saada, on tenu à rendre hommage à Agnès Varda, disparue le 29 mars : Pour nous les filles dans les années 1980 qui voulions faire du cinéma, elle était comme un repère à l’horizon”, a déclaré Tonie Marshall. 

Nicolas Winding Refn a ensuite reçu un prix d’honneur, remis par le président du jury presse, Philippe Rouyer, qui est longuement revenu sur la filmographie du cinéaste danois, qui avait apporté dans sa besace les premières images de sa série pour Amazon, Too Old To Die Young, qui sortira au mois de juin sur la plateforme. 

Place ensuite aux films, avec le premier long métrage de la compétition, Piranhas, projeté en présence de son réalisateur Claudio Giovannesi. Aujourd’hui, les spectateurs ont ensuite découvert Alpha – The Right to Kill, le nouveau fait d’armes du réalisateur philippin Brillante Mendoza, et Factory, qui raconte la prise d’otage du propriétaire d’une usine en Russie. 

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Piranhas

Nicola et ses amis ont entre dix et quinze ans. Ils se déplacent à scooter, ils sont armés et fascinés par la criminalité. Ils ne craignent ni la prison ni la mort, seulement de mener une vie ordinaire comme leurs parents. Leurs modèles : les parrains de la Camorra. Leurs valeurs : l’argent et le pouvoir. Leurs règles : fréquenter les bonnes personnes, trafiquer dans les bons endroits, et occuper la place laissée vacante par les anciens mafieux pour conquérir les quartiers de Naples, quel qu’en soit le prix.

3 raisons de le voir

Piranhas est un film bouleversant sur l’adolescence et sur une jeunesse en perdition. Là où Gomorra proposait un regard distancié, acerbe et tranchant sur la Camorra – la mafia napolitaine – Piranhas choisit de porter un regard sentimental sur un groupe de jeunes gens embarqués dans une voie sans issue qui voudraient simplement s’en sortir, mais n’ont d’autre alternative que la violence. 

Francesco di Napoli, jeune Napolitain choisi au terme de six mois de casting sauvage et qui joue le rôle de Nicola, le héros, crève littéralement l’écran et fait montre d’un charisme qui ne laissera personne indifférent. 
Sans grandiloquence, Claudio Giovannesi fait de vrais choix de mise en scène et enferme ses personnages dans un cadre limité par les ruelles pavées et dans un mouvement perpétuel rythmé par les déplacements en scooter d’un quartier à un autre, d’un moment de vie à un autre et d’une impasse à une autre.  

Alpha – The Right to Kill

Dans le contexte de la répression du gouvernement philippin sur les drogues illicites, une force de police dirigée par le SWAT lance une opération visant à arrêter Abel, l’un des plus importants trafiquants de Manille. Un officier de police et un petit dealer devenu son indic ont fourni les renseignements nécessaires à l’opération, qui se transforme rapidement en une confrontation violente et armée dans les bidonvilles. Avant que les enquêteurs n’arrivent sur les lieux du crime, les deux hommes s’en vont avec un sac à dos plein d’argent et de méthamphétamine. Ce geste de survie pour l’un et de corruption pour l’autre va bientôt déclencher une série d’événements dangereux, mettant tous les deux en péril leur réputation, leur famille et leur vie.

Brillante Mendoza n’a rien perdu de sa maestria de metteur en scène. Si le récit se noie parfois un peu dans son opacité, la photographie et la lumière dans les nombreues scènes tournées de nuit, caméra à l’épaule est d’une efficacité remarquable et quelques plans d’ensemble sur les bidonvilles de Manille sont à couper le souffle. Le travail sur le son maintient quant à lui la tension de bout en bout et finit de mettre en exergue le constat très noir que fait le cinéaste sur une société corrompue qui s’abandonne à la violence. Le film sortira en salle mercredi 17 avril. 

Alpha – The Right to Kill Bande-annonce VO

Factory

Réagissant à la vente frauduleuse d’une usine de province, un groupe d’ouvriers se laisse convaincre de rançonner l’oligarque local, propriétaire des lieux. Ils sont menés par Le Gris, un ancien des forces armées. Le temps d’une nuit, leur demande va tourner à la prise d’otage, puis à l’état de siège. La confrontation ne se dénouera qu’aux premières lueurs du matin.

Factory, huis clos tendu et assez bavard, est avant tout un film social qui dresse lui aussi un portrait pessimiste et presque désespéré des disparités qui règnent en Russie. S’il souffre de longueurs et de la musique trop présente qui vient alourdir l’ensemble, il reste percutant grâce à des personnages forts et de vrais moments d’intensité. Le film sortira en salle le 3 juillet prochain. 

Ce soir, la compétition se poursuivra avec Savage et demain seront projetés Face à la nuit, Rojo et Les Oiseaux de passage. Gardez donc un oeil ouvert sur l’actualité du festival, que vous pourrez retrouver par ici !

 

 

 

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