Alexandre Aja : avant Crawl, “il n’y a jamais eu Les Dents de la mer du film de crocodiles et d’alligators”

Alors que la bande-annonce vient d’être dévoilée, nous nous sommes entretenus avec Alexandre Aja qui nous présente son nouveau film, “Crawl”.

Presque 10 ans après Piranha 3D, vous vous attaquez à des alligators. Comment est né ce projet ?

Alexandre Aja : Crawl est né d’un processus presque inverse à celui de Piranha 3D. Je m’y étais beaucoup amusé, c’était une comédie gore, un plaisir assez coupable. J’avais envie de retrouver le chemin de la peur, faire un film de pur suspens, de tension, qui colle le spectateur à son siège. Je voulais retrouver cette sensation qu’on a devant des films comme The Descent, La Colline a des yeux ou Haute Tension. J’ai lu énormément de scripts, entre temps je me suis consacré à des films assez éloignés de cette peur. Et j’ai finalement reçu ce projet avec cette histoire très simple d’une jeune femme qui doit sauver son père durant un ouragan dans une zone infestée d’alligators. C’est à la fois le meilleur prémice pour faire un survival de suspens et pour faire quelque chose d’assez fun sans tomber dans la comédie, comme des montagnes russes.

Crawl lorgne-t-il plus du côté du thriller ou de l’horreur ?

Je dirais que c’est un thriller survival qui mise avant tout sur le suspens. Ce n’est pas un film d’horreur, il n’y a pas des hectolitres de sang. C’est moins extrême que La Colline a des yeux mais plus terrifiant.

On ne voulait pas faire un film de série B mais une expérience éprouvante pour le spectateur avec une vraie ambition visuelle.

Dans quelle mesure avez-vous été impliqué dans l’écriture ?

J’ai reçu ce synopsis très court, très simple. J’ai commencé à fantasmer sur l’histoire avant de lire le scénario faute de temps. Finalement quand je l’ai fait, je l’ai trouvé pas mal mais très contenu. Pendant plus d’un an, je me suis emparé de cette histoire pour la rendre plus intense. Je voulais que le spectateur se sente coincé dans cette maison. Plus l’eau monte, plus les alligators envahissent le territoire. J’ai l’impression qu’il est impossible de ne pas réécrire un script quand il s’agit de faire peur car la mise en scène passe par l’écriture. 

Sam Raimi est producteur du film. J’imagine que pour un fan d’horreur comme vous, ça a été une rencontre importante.

C’était une manière de réparer un rendez-vous manqué. Quand je suis arrivé à Los Angeles après Haute Tension avec Grégory Levasseur, on a eu le choix entre deux films : La Colline a des yeux et un film produit par Sam. Ça a été un choix difficile mais La Colline était plus proche de ce qu’on voulait faire. On a écrit une lettre à Sam lui disant qu’on espérait le retrouver un jour. Au-delà d’être un grand réalisateur, c’est une personne formidable. Il aime tellement être sur un plateau, il est ouvert aux collaborations. Avoir son soutien a été précieux car ça n’a pas été facile. On ne voulait pas faire un film de série B mais une expérience éprouvante pour le spectateur avec une vraie ambition visuelle.

De quels moyens avez-vous d’ailleurs bénéficié ?

Le budget est d’un peu moins de 20 millions de dollars mais le film donne l’impression d’en avoir coûté plus (rires). Il y a une plus-value à l’image. Le film se passe dans l’eau, on a donc dû construire des bassins, le plus grand mesurait 80m sur 60m sur 3m de profondeur. Il y avait la tempête à reconstituer, … Pour les alligators, on les a réalisés en CGI en se basant sur de vrais animaux, en particulier ceux qui avaient un comportement agressif et visuellement intéressant. Mais nous ne sommes pas allés du côté de l’alligator géant. 

Quelles références aviez-vous en tête ? En quoi Crawl pourrait-il se démarquer de Lake Placid ou Solitaire par exemple ?

On est très très loin de ces films. Le sous-genre du film de crocodiles et d’alligators a été extrêmement exploité mais il n’y a jamais eu Les Dents de la mer du film de crocodiles et d’alligators (rires). C’était le défi qu’on s’est fixé en commençant à travailler : écrire l’histoire ultime qui “effacerait” tous ces films qui sont rigolos mais pas inoubliables. Il y en a des bons, j’ai grandi devant L’incroyable alligator.

Ces animaux n’ont pas évolué depuis 60 millions d’années pour la simple et bonne raison qu’ils sont parfaits. On n’avait pas besoin de les rendre monstrueux ou géants. Ce sont les derniers dinosaures qui existent. Il y a près de 2 millions d’alligators en liberté en Floride, 5 millions dans le sud de l’Amérique. Après des inondations à Rio de Janeiro dernièrement, des caïmans se sont retrouvés dans les favelas. La même chose en Australie il y a un an. Avec de plus en plus de catastrophes météorologiques, certains animaux reprennent leurs droits sur le territoire. 

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